Pôle de Formation Agro-Environnemental
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Accueil > Actualités > Exploitation agricole > Les premiers pas de la ferme du lycée vers l’agroforesterie...
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Pour commencer : qu’est-ce que l’agroforesterie ?

Il s’agit de l’association d’arbres et de productions agricoles sur une même surface. Dans une parcelle agroforestière, l’exploitant agricole joue sur les interactions entre les arbres et les plantes cultivées pour mieux produire :

De nombreuses interactions au sein d’une parcelle agroforestière (illustration 1)

Un exploitant dispose de deux méthodes pour créer une telle parcelle. Il peut :
- Éclaircir une surface boisée et y introduire des cultures ou des pâtures,
- Planter des arbres à faible densité sur une surface cultivée ou pâturée.

C’est cette seconde méthode qui sera utilisée sur la ferme du lycée.

Une parcelle agroforestière a une double vocation de production :
- Une annuelle : il s’agit des cultures ou des pâtures,
- une différée à long terme : le bois et les autres produits de l’arbre.

Plusieurs enjeux sont associés à l’agroforesterie...

...dont certains sont particulièrement importants dans la plaine de la Bièvre (illustration 2)
***
Une pratique qui ne date pas d’hier !

L’implantation de cultures entre les noyers du Dauphiné est une pratique ancienne. Les premiers écrits évoquant ces associations dans les vallées des Alpes datent de l’époque romaine (1er siècle après JC) !

Juglans regia, le noyer commun (illustration 3)

Cette pratique a perduré jusqu’à aujourd’hui. Bien que les organismes de vulgarisation nucicole conseillent une plantation intensive de noyers basse-tige en culture pure, certains producteurs ont fait le choix de conserver des vergers de noyers haute-tige plantés à faible densité. En cliquant sur l’icône suivante vous pourrez découvrir un schéma présentant une rotation classique des terrasses alluviales de l’Isère :

JPG - 59.6 ko
Gestion classique d’une parcelle agroforestière en bordure de l’Isère (illustration 4)

Lors de l’implantation de la parcelle, la distance laissée entre la culture intercalaire et la rangée d’arbres dépend :
- du type de sol et
- des conditions d’accès à l’eau de la nappe.

Ainsi, en plaine alluviale, les cultures seront implantées très près des arbres pour freiner leur croissance et permettre un aoûtement rapide des jeunes branches (lignification et accumulation de réserves dans les tissus ligneux avant l’hiver), qui seront alors moins sensibles au gel.

Les cultures intercalaires garantissent un revenu pendant les premières années, relayé ensuite par la production de noix puis de bois, à plus longue échéance. Dans ces parcelles, chaque noyer retiré est immédiatement remplacé, ce qui permet de maintenir un équilibre entre les noyers jeunes et les noyers adultes. Le bois de ces arbres permet une gestion du capital à long terme : il est écoulé selon les besoins ponctuels et réguliers de l’exploitant.

L’évaluation des marges brutes et la comparaison avec une conduite en verger pur ont permis de conclure que ces parcelles agroforestières permettent une augmentation de 20 à 30% de la marge brute associée à la parcelle, selon la densité des arbres choisie.

***
Un premier pas vers l’agroforesterie à la ferme du lycée...

A présent, quittons notre lycée agricole de la Côte-Saint-André en direction du centre ville. Arrivés à proximité de la piscine, prenons la direction de Saint-Siméon-de-Bressieux. Engageons-nous sur la D71 et là soyez attentifs ! Sur votre droite, vous pourrez admirer les premiers noyers de la ferme de notre lycée !

Mr Chauvin a apporté la première pierre à l’édifice avec deux élèves : ils ont plantés ensemble les 30 premiers noyers de la ferme (illustration 5)

Ils ont été plantés il y a quelques jours, et ce n’est que le début !

En effet, vous découvrez sur l’illustration suivante :
- la localisation des 30 noyers plantés il y a quelques jours,
- les parcelles sur lesquelles des noyers pourraient être plantés à l’automne (parcelles en prairies et parcelle cultivée).

Localisation possible des parcelles agroforestières de la ferme du lycée (illustration 6)

Les modalités précises du projet restent à définir mais on sait déjà que les deux parcelles de prairies resteront des pâtures, où seront implantés des noyers avec une alternance de noyers bois et de noyers fruits : il s’agira de noyeraies à double fin. En cliquant sur le lien figurant ci-après, vous pourrez découvrir une première hypothèse envisagée pour la plantation des noyers :

JPG - 41.2 ko

Les densités de plantation ne sont pas encore choisies, tout comme le devenir de la parcelle de culture. Elle pourrait, elle aussi, être transformée en parcelle agroforestière avec des noyers implantés dans les cultures. Si c’est le cas, la distance interligne serait supérieure à celle des prairies afin de continuer à utiliser les systèmes d’irrigation actuels. Le deuxième lien qui figure ici vous permettra de découvrir une deuxième hypothèse envisagée, avec implantation de noyers dans les cultures :

JPG - 52.2 ko

C’est Mr Jean-Pierre Chauvin, actuellement en charge des ateliers cultures fourragères et cultures spécialisées, qui veillera sur les noyers de la ferme. Cette nouvelle production lui demandera des compétences bien spécifiques : pour la taille, l’élagage, l’entretien au pied des noyers…

***

Afin de conclure, voici la réponse à une petite question que vous vous êtes probablement posé à la lecture de cet article : quelle est la différence entre un "noyer bois" et un "noyer fruits" ?

Le schéma suivant va nous permettre de répondre à cette question (cliquer sur l’icône suivant pour visualiser le schéma) :

JPG - 41.2 ko
La production de noyers fruits et de noyers bois à la ferme du lycée (illustration 7)

Sur les parcelles choisies, on plante les noyers avec une alternance de noyers sauvages (Juglans nigra) et de noyers greffés avec des greffons de la variété Franquette, pour la production de noix. Les plants sauvages sont destinés à produire des noix mais surtout du bois, nous parlerons donc de "noyers bois" alors que ceux greffés au pied produiront essentiellement des fruits, nous les appellerons donc les "noyers fruits".

Greffés au pied, les noyers fruits resteront de "petite taille" et entreront rapidement en production de noix. Ils seront en pleine production environ cinq ans après leur plantation. Pendant ce temps, les noyers bois (non greffés) poursuivront leur croissance. On considère qu’une bille de noyer acquiert une valeur commerciale à partir de 2,50m de hauteur : les noyers bois seront donc greffés avec un greffon de variété Franquette une fois que leur tronc aura dépassé cette hauteur.

Les noyers bois entrent en production de noix deux à trois ans après le greffage. Ayant atteint une taille conséquente, les noyers bois occupent beaucoup de place et commencent à limiter les capacités de production des noyers fruits (utilisation des ressources du milieu, ombrage pour les plus petits arbres...). Les noyers fruits sont donc abattus. Les noyers bois seront abattus plus tard et la vente de leurs troncs contribuera à une marge brute plus élevée de la parcelle agroforestière.

Les sources utilisées pour la rédaction de cet article sont :
- l’ouvrage "Agroforesterie, des arbres et des cultures" de Christian Dupraz et Fabien Liagre aux éditions France Agricole
- une publication de la Chambre d’Agriculture de l’Hérault sur l’agroforesterie : http://www.agroof.net/agroof_ressources/documents/chambreinfo_2009.pdf

Les auteurs des photographies utilisées respectivement dans les illustrations 1 et 2 sont Gerhard Elsner et Petr Pakandl

Jean-Philippe Magnière, directeur de l’exploitation agricole, et Emeline Pellan, stagiaire du lycée


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Publié le 10 mai 2011 par Jean-Philippe Magnière
 
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