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Les stagiaires du Titre "apiculteur" de l’UFA/CFPPA de La Côte Saint André à la rencontre des professionnels

Après leur rentrée le 6 janvier dernier, les stagiaires de la formation Titre Apiculteur poursuivent leur formation, essentiellement en salle car la saison apicole n’est pas encore commencée, mais aussi en rencontrant régulièrement des apiculteurs de la Région Rhône-Alpes pour découvrir le métier et comparer des pratiques apicoles.

 Le mercredi 5 février était une journée de visite en direction de la Savoie 

Le matin, visite chez M. Marcel Bollon (20 ans d’apiculture), installé près de la Motte-Servolex, et qui travaille maintenant avec son fils. Apiculteur transhumant, il produit différents miels en saison, dont des miels locaux, ayant droit au logo de la Savoie.

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M. Bollon (centre) expliquant le fonctionnement de sa chaîne d’extraction du miel.

Gros producteur (près de 600 ruches), il s’est permis d’investir progressivement dans du "gros" matériel facilitant le travail de l’apiculteur. Sa production dépasse les 10 tonnes, même si les deux dernières années ont été très dures pour la profession suite à une météo désastreuse. L’apiculture reste un métier très dépendant du climat, ce qui en fait son charme mais aussi ses difficultés.

L’après-midi, visite vers Dullin, chez M. Éric Pobel (14e année d’apiculture) qui dispose d’une miellerie "collective" partagée avec M. Rémi Hermier, que les stagiaires en BPREA (l’autre formation apicole) ont rencontré précédemment, et M. Thibault Guirkinger, jeune installé n’ayant pas encore son propre matériel.

M. Pobel produit non seulement du miel (250 ruches) mais aussi de la gelée royale (environ 20 kg, une bonne valeur en France). Il est adhérent au GPGR (Groupement des Producteurs de Gelée Royale), qui regroupe la plupart des producteurs de gelée royale française pour valoriser le produit, trouver de nouveaux marchés et assurer un appui technique (matériel et souche d’abeilles spécifique).

La production de gelée royale nécessite de bonnes compétences en élevage, et le suivi d’un calendrier strict de production entre avril et juillet. Les abeilles doivent en effet être en période d’élevage pour que la production de gelée royale soit possible, soit quatre mois dans l’année en France, au mieux.

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M. Pobel expliquant sa technique de production de gelée royale aux stagiaires.

Les abeilles ne produisent de la gelée royale en quantité que pour élever de nouvelles reines, et elles n’élèvent de nouvelles reines que si la reine actuelle disparaît. "L’astuce" est de compartimenter une ruche, avec une zone "orpheline" (la reine ne peut y accéder à cause d’une grille spéciale). Les abeilles présentes dans cette zone acceptent alors les cellules "artificielles" que l’on y place, chacune contenant une très jeune larve que les abeilles vont transformer en reine. On appelle cela un greffage. Trois jours plus tard, on récupère les cellules et on aspire la gelée. C’est la "levée". La production n’est que de quelques grammes par ruche et par levée, deux fois par semaine pendant trois mois. Soit autour d’un kilogramme par ruche et par an donc. Cette grande technicité explique le prix élevé de la gelée royale française, très supérieur à celui des importations asiatiques, mais sa qualité tout aussi élevée lui assure une clientèle fidèle, prête à payer pour un produit de choix.

Les lundis 10 et 17 février, les deux formations apicoles visitent –séparément pour garder l’intérêt pédagogique- l’exploitation de MM. Vossier père et fils, producteurs en gros.

Antoine Vossier, stagiaire de la formation apicole il y a quatre ans, a rejoint son père, Christophe, dans un GAEC apicole, c’est-à-dire un Groupement Agricole En Commun. Cette forme de société, possible en famille comme ici, permet de mutualiser ses forces et de gros investissements pour optimiser la récolte des miels, 12 tonnes en moyenne jusqu’à présent pour 300 ruches, et beaucoup plus quand l’exploitation montera à environ 500 ruches en production.

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MM Vossier père & fils (au centre à droite) présentant leur performant matériel de miellerie, notamment le "SpinFloat" (devant, avec les pots de miel), une centrifugeuse pour la séparation du miel et de la cire récupérés ensemble lors de l’extraction.

Une chaîne d’extraction de ce niveau coûte 30 000 €, ce qui représente parfois plus que l’investissement initial pour entrer en apiculture professionnelle (des ruches peuplées, un véhicule, une petite miellerie). Mais avec le temps, l’expérience (et les aides européennes il est vrai) un apiculteur peut monter en puissance et se faciliter la tâche.

Actuellement, on estime qu’un apiculteur ne peut plus suivre finement que 300 ruches en production (plus 100 colonies de secours car la mortalité apicole atteint les 30 % par an), même si administrativement le seuil retenu par la MSA est de 400 ruches (révision de la SMI en cours). Le suivi sanitaire est plus complexe et l’apiculture reste un métier intense et physique en saison. Ce qui en fait d’ailleurs le charme.

Une opération intéressante à mener est la pesée des ruches : selon la saison, il est possible de suivre le développement des colonies, les récoltes de miel, le stockage des réserves hivernales.

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Présentation d’un matériel de pesée "maison"

Le gros souci est de soulever les ruches (parfois plus de 40 kg) pour faire la mesure sans "se casser le dos". Ici, un bras de levier, une "pince à ruches" et un peson électronique permettent d’assurer l’opération seul et assez rapidement. Des balances électroniques, interrogeables à distance (via le réseau GSM), sont disponibles. Vu leur prix, l’apiculteur en dispose une au maximum par rucher, pour suivre à distance les rentrées de miel à la belle saison et savoir quand intervenir sur les ruches.

La pesée la plus importante (c’est même souvent la seule) est celle de l’automne, quand les abeilles se préparent à hiverner. Le miel est en effet leur réserve d’énergie pour tout l’hiver et elles doivent en récolter suffisamment pour passer toute la saison froide. D’autant plus que les abeilles, même animaux "à sang froid", maintiennent toujours la colonie à chaud (35 °C permanents dans la zone du couvain), ce qui nécessite la production et consommation d’au moins 250 kg de miel par ruche et par an ! L’apiculteur ne peut en fait qu’en prélever qu’une petite partie.

En hiver, elles vivent au ralenti mais il leur faut tout de même, sous notre climat, 18 à 20 kg pour passer l’hiver sans risques. Une ruche complète doit alors peser (bois, cadres, abeilles, pollen, miel) au moins 40 kg pour le modèle classique. Si tout se passe bien, elles hiverneront sans avoir besoin d’être nourries. Elles ne sortent que pour leurs "besoins pressants" (le "vol de propreté"), quand il y a du redoux.

Le mercredi 12 février, une partie des stagiaires part vers Valence (à côté de Chabeuil) pour deux nouvelles visites.

Le restant de l’effectif se trouve au lycée Berlioz, dans l’atelier menuiserie, pour apprendre à construire les ruches. Et inversion des activités la semaine suivante. La menuiserie peut être une compétence appréciée en apiculture, certains professionnels fabriquant eux-mêmes leurs ruches, et cette initiation est la bienvenue. Pour information, le lycée Berlioz peut construire des ruches pour qui lui en fait la demande.

- Première visite chez Gérard Giron, à Barcelonne (GAEC "Les ruchers de la tour") Apiculteur depuis plus de 30 ans, M. Giron est l’une des figures locales de la profession, ayant accueilli en stages et formé maint autres apiculteurs au fil du temps. Même s’il commence à songer à passer la main, il reste un producteur reconnu, en ½ gros, c’est-à-dire qu’il fournit du miel déjà en pots (à son nom) à des revendeurs (commerces, grandes surfaces, groupements de producteurs …)

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M. Giron (à droite) et Mme Giron, son associée (non visible) accueillant chaleureusement les stagiaires.

Le midi, pause-déjeuner sur la colline ensoleillée jouxtant l’exploitation de M. Giron

- Seconde visite l’après-midi chez M. Pierre Gaschignard, vers Chateaudouble.

M. Gaschignard a moins d’expérience que M. Giron puisqu’il a effectué sa formation à La Côte Saint-André en 2008 (en SIL, l’ancêtre du Titre Apiculteur) et a démarré professionnellement en 2010. S’il est producteur de miel, il est aussi pollinisateur : il fournit un service à des arboriculteurs et semenciers désirant améliorer leurs productions végétales.

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M. Gaschignard (devant la porte de son hangar) se présentant aux stagiaires

La plupart des plantes nécessitent des insectes pour assurer leur reproduction (le nectar des fleurs est d’ailleurs la récompense de ce travail) et les rendements peuvent être faibles, voire nuls en l’absence de pollinisateurs (même s’il existe des variétés auto-fertiles). Des agriculteurs louent donc le service des abeilles pour obtenir fruits et semences en quantité, et des apiculteurs répondent à cette demande. En Rhône-Alpes, c’est notamment le travail du GRAPP, le Groupement Régional des Apiculteurs Pollinisateurs Professionnels, et un site d’échange, www.beewapi.com, se met en place pour faciliter les relations. Avec la baisse de biodiversité, les insectes pollinisateurs se raréfient et les abeilles domestiques deviennent donc une denrée plus recherchée, l’exemple extrême étant la pollinisation des amandiers en Californie, décrite dans plusieurs documentaires. En France, la demande porte plutôt sur les vergers : abricotier en premier (les pollinisateurs ont été appelés dès le 10 février cette année sur variétés précoces), puis pêcher et pommier, avec d’autres plantes comme le colza et le tournesol pour semences et divers végétaux sous serre. Coût par ruche déposée : 30 à 60 € selon durée, date et risque pour les colonies (même avec la meilleure volonté du monde, un arboriculteur doit toujours traiter pour protéger ses cultures, l’essentiel étant d’éviter les insecticides en présence des abeilles !) Les apiculteurs pollinisateurs récupèrent ensuite leurs colonies pour produire des miels "tardifs" (en juin-juillet), châtaignier et lavande. Il existe des plantes fleurissant vraiment tard : lierre, arbousier, phacélie mais on en fait rarement du miel, les réserves étant plutôt laissées aux abeilles pour l’hiver.

Thomas Guilloux, thomas.guilloux@educagri.fr
Responsable des formations apicoles.


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Publié le 19 février 2014 par Stephan Imberti
Dernière modification le 13 mars 2014
 
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